Les sociétés savantes à Montbéliard : modèles, influences et permanences
Pour saisir la spécificité de l’émulation montbéliardaise, il faut la replacer dans l’histoire large des sociétés savantes françaises. Dès le XVIII siècle, les villes de province se dotent de « sociétés d’émulation », sur le modèle, certes, de Paris, mais en y injectant une coloration régionale marquée. À Montbéliard, trois points se démarquent :
- Le plurilinguisme : beaucoup de travaux sont diffusés en français et en allemand, du fait de l’attachement historique au Wurtemberg.
- L’ouverture confessionnelle : la société montbéliardaise, majoritairement protestante, attire pourtant catholiques et juifs, à rebours des divisions du siècle.
- L’attention à la transmission : de nombreux bulletins consacrent une large place à l’éducation des classes populaires, en soutien aux écoles, bibliothèques et musées locaux.
Entre 1800 et 1914, la Société d’émulation de Montbéliard publie plus de 70 volumes de mémoires, abordant des thèmes allant de la linguistique comtoise à la botanique alpine. Des érudits comme Jules Péquignat – président dans les années 1880 – ou Gustave Gronier, naturaliste local, participent aux correspondances nationales et entretiennent des liens suivis avec la Société d’émulation de Belfort ou la Société académique de Besançon.