Le XVIIIe siècle, ou la quête d’émulation : société savante et rayonnement littéraire
Le siècle des Lumières constitue indéniablement un second tournant. Montbéliard suit alors la montée en puissance des sociétés d’émulation, ces associations d’esprits curieux où se côtoient érudits, artistes, lettrés, techniciens et politiques autour d’un même idéal : diffuser le savoir, s’informer, débattre, écrire.
- Naissance des Sociétés d’Émulation (1776-1808) : Inspirées par l’exemple parisien, des sociétés savantes voient le jour à Montbéliard même, ainsi qu’à Belfort et Delle. Elles tiennent séances publiques, concours de poésie, recensions d’ouvrages récents, lectures, mais aussi expérimentations scientifiques. (Source : Société d’Émulation de Montbéliard, archives en ligne et publications annuelles, http://www.seum.fr/)
- Publication et lectures publiques : Le journalisme local naît, des bulletins sont imprimés (Bulletin de la Société d’Émulation de Montbéliard, dès 1831), des bibliothèques sont enrichies, des lectures publiques ou privées réunissent artistes, philosophes ou inventeurs.
- La bibliothèque savante (créée en 1758) devient le cœur de la vie intellectuelle : elle centralise ouvrages, périodiques, collections de manuscrits, abritant débats et recherches érudites — on y croise jusqu’à 500 lecteurs par an en 1790, un chiffre remarquable pour l’époque.
La tradition pédagogique née des écoles protestantes affermit son rôle, et le réseau de correspondance s’étend : Montbéliard devient un petit laboratoire des idées, en connexion avec Bâle, Strasbourg, Genève, Paris ou encore la cour de Stuttgart. Des figures, comme le baron d’Andlau ou l’historien Charles Weiss, participent à ce rayonnement, entremêlant chronique locale, histoire universelle et engagement dans la modernité.