Aux sources d’une tradition : XVIe et XVIIe siècles, la Réforme et la naissance de l’érudition protestante
Le XVIe siècle, déterminant, voit Montbéliard adopter la Réforme dès 1524, soit dix ans après la parution des thèses de Luther. Cette adoption précoce n’est pas fortuite : elle entraîne une structuration nouvelle de l’enseignement, du rapport au livre, et façonne profondément le paysage littéraire local.
La création en 1541 de l’École latine (aujourd’hui lycée Cuvier), voulue par le comte Georges Ier, symbolise cette ambition culturelle. Influencée par les modèles allemands, l’école vise à former à la fois futurs pasteurs, savants et lettrés : il s’agit de diffuser la connaissance, de traduire les textes religieux, et de transmettre un patrimoine écrit révéré tout autant pour sa beauté littéraire que pour son utilité spirituelle.
Dans ce contexte, la vulgarisation de l’imprimerie et la progressive démocratisation du livre participent à la naissance d’une culture du commentaire, du débat, et d’une écriture polymorphe : sermons, traités, chroniques, recueils de poésie et premières histoires locales sont produits par un cercle de lettrés qui rayonne parfois bien au-delà du Pays.