Les ducs réformateurs et bâtisseurs de la Renaissance
À l’aube des Temps modernes, la principauté de Montbéliard, possession de la puissante maison de Wurtemberg depuis 1397, s’affirme grâce à des souverains éclairés.
Frédéric de Wurtemberg (1557-1608) : l’humaniste sur le trône
Frédéric remodèle son territoire, influencé par le protestantisme luthérien et le souffle réformateur allemand. Dès 1587, il fonde le Gymnase académique, une école de rang supérieur, qui attire bientôt les enfants de la noblesse et de la bourgeoisie de la région. Cette institution, préfiguration d’un système éducatif avancé pour son temps, accueille près de 150 élèves dès son ouverture, venant jusqu’aux frontières suisses et alsaciennes (source : Archives municipales de Montbéliard).
Mais Frédéric laisse aussi une trace architecturale durable. Outre le renforcement du château, il impulse la construction de la Halle (devenue Temple Saint-Martin) en 1601, premier édifice religieux protestant bâti en France après la Réforme. Le temple héberge aujourd’hui un orgue historique d’Andreas Silbermann, symbole de ce brassage culturel propre à Montbéliard.
Christophe de Wurtemberg (1515-1568) : l’allié de la Réforme
Au milieu du XVIe siècle, alors que les rivalités religieuses déchirent l’Europe, Christophe fait du Pays de Montbéliard un laboratoire spirituel. Il invite des pasteurs et imprimeurs redoutés, comme Uldaric Gering, à s’installer dans la principauté : en 1559 naît l’une des premières imprimeries protestantes du royaume de France, attestant de la circulation précoce d’ouvrages de Luther ou de Melanchthon (source : Musée du Château de Montbéliard).